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04 septembre 2017
Dans la Roya, c'est le début des travaux titanesques sur la ligne Cuneo-Vintimille

Les travaux de rénovation du tronçon reliant Breil-sur-Roya à Tende -particulièrement vétuste- commencent ce lundi. Le Directeur d'Opérations chez SNCF Réseau - Maître d'Ouvrage pour cette première phase de modernisation de la ligne Cuneo-Vintimille - Cheikh Ndiaye, explique les modalités d'un chantier très attendu de la population.

Dans la Roya, c'est le début des travaux titanesques sur la ligne Cuneo-Vintimille

Un chantier qui a fait l’objet d’une manifestation – dimanche matin – devant la gare de Breil-sur-Roya. Dès ce lundi, les travaux titanesques démarrent entraînant une fermeture de ligne entre Breil-sur-Roya et Limone pour huit mois. Conscient des inquiétudes des habitants, élus et associations, Cheikh Ndiaye détaille les perspectives d’avenir pour cette «ligne de vie».

Pourquoi ce chantier?

L’objectif du projet est double: il permet d’une part de sécuriser et de moderniser les installations ferroviaires de la section française, et d’autre part de garantir la pérennité des circulations commerciales pendant une période de 15 ans. Le mauvais état de la section située entre Breil-sur-Roya et Limone a entraîné en novembre 2013 la diminution de la vitesse de circulation de 80 km/h à 40 km/h, afin d’en garantir la sécurité. Les travaux que nous allons réaliser dans cette première phase du projet vont permettre d’améliorer considérablement la situation.

En quoi consistent les travaux?

Ils se répartissent en deux catégories: ceux dont la maîtrise d’ouvrage est assurée par SNCF Réseau et ceux gérés par Réseau ferré Italien (RFI). Côté français, la volumétrie des travaux étant trop importante, il s’agit de réaliser les plus prioritaires en termes de sécurité. C’est-à-dire renouveler les composantes de la voie (rails, traverses et ballast) sur plusieurs kilomètres, mettre en place de filets de détection pour se prémunir des chutes de rochers sur la voie, placer des grillages de protection sur certaines falaises rocheuses et rénover des ponts-rails, dont les plus connus sont ceux de la Maglia et de Lavina. La gare de Breil-sur-Roya, qui sert de base travaux pour tout le chantier, va aussi subir un lifting avec la réfection de ses voies de service existantes et la création d’une voie neuve.

Et côté italien?

Il s’agira surtout de sécuriser le tunnel ferroviaire du Col-de-Tende (tunnel de 8 km situé à la frontière nord avec la France) et de déployer un système de sécurisation des trains, permettant de freiner automatiquement en cas de «franchissement d’un signal fermé». Un système équivalent, appelé DAAT (pour Dispositif d’arrêt automatique des trains) a déjà été financé et mis en place par SNCF Réseau depuis mars 2017, pour les trains français, sur les gares de Breil-sur-Roya, Fontan-Saorge, Saint-Dalmas-de-Tende, Tende et Vievola.

Comment seront réalisés les travaux?

Pour optimiser au mieux les budgets et réduire la durée des travaux, il a été décidé de fermer la ligne de la gare de Breil jusqu’à Limone, pendant 8 mois, à partir du 4 septembre 2017 et jusqu’au 28 avril 2018. Cela va permettre de réaliser les travaux dans un délai relativement court. De nuit, le chantier aurait coûté bien plus cher, et aurait pris cinq à six mois de plus. Les travaux seront effectués essentiellement de jour, de 8 h à 17 h, du lundi au vendredi soir. On pourrait envisager un travail de nuit ou le week-end si on se rend compte qu’on dépasse un peu le délai – le conseil régional nous ayant imposé une réouverture le 29 avril. 250 personnes travailleront en tout sur le chantier. Parmi les entreprises françaises retenues, on peut citer Colas Rail, Eiffage Énergie Ferroviaire, Mansuy, Azurail, SFERIS pour la gestion de la ligne fermée. En Italie, ce sera l’entreprise ECM qui réalisera les travaux.

Quelle circulation pendant 8 mois?

La fermeture de ligne concerne le tronçon entre Breil-sur-Roya et Limone. Une desserte de bus est organisée par la Région PACA et la Communauté d’agglomération de la Riviera française (Carf) pour assurer la liaison entre Breil et Tende. La desserte ferroviaire de la section Nice – Breil ne sera pas modifiée. Et la gare de Breil reste ouverte pour la desserte des trains au départ de Nice.

Comment s’est déroulée la concertation?

SNCF Réseau a organisé plusieurs réunions avec les associations locales, les acteurs institutionnels, les élus locaux. Pour mieux intégrer les préoccupations des riverains, et diminuer les impacts des travaux. Il a ainsi été décidé d’anticiper l’approvisionnement des 8000 tonnes de ballast, depuis juillet, et de limiter le nombre de camions à quatre par jour. Des préconisations techniques strictes ont été demandées aux entreprises sur leur méthodologie et sur les engins utilisés, afin de réduire les nuisances sonores pendant tout le chantier. Les sociétés ont par ailleurs signé une charte environnementale.
Nous avons aussi eu des discussions avec la Dreal (Direction régionale de l’environnement) pour que le chantier n’impacte pas les espèces protégées.

Quid de la suite?

La seconde phase du projet, plus chère, a fait l’objet d’une étude préliminaire – réalisée par SNCF Réseau – pour définir la consistance des travaux à réaliser et les enjeux financiers correspondants. Elle permettra de pérenniser définitivement la ligne et d’améliorer les conditions de circulation par une augmentation de la vitesse de circulation – et donc une réduction des temps de parcours. Les financements sont en cours de négociation avec les partenaires français et italiens. Cette 2e phase doit s’accompagner de la redéfinition des termes de la convention de 1970, demandée par les deux gouvernements. Celle-ci ne prenant pas en compte l’évolution du paysage ferroviaire. Il s’agit donc d’établir un nouveau cadre de gestion, d’exploitation et de financement de la ligne. Les financements seront davantage répartis. Beaucoup de sous viendront cette fois-ci de chez nous. Les interlocuteurs français au sein de la commission mixte ont changé avec les élections, mais on va maintenant pouvoir en rediscuter et trouver un nouvel accord.

Quelles seraient les possibilités?

Nous avons réfléchi à plusieurs scenarii. Soit on revient à 80 km/h partout. Soit on circule à 60 km/h, sachant que le gain de temps entre 80 et 60 n’est pas énorme. Soit on cible le secteur le plus problématique: Breil-Fontan. Il faudra prendre une orientation de manière collégiale. Sachant que les travaux pourraient ainsi aller de 30 à 50 millions d’euros. 15 millions d’euros sont déjà prévus côté français dans le cadre du contrat de plan Etat-Région.

Comprenez-vous l’inquiétude des usagers concernant la pérennité de la ligne?

Bien sûr! C’est la seule alternative à la route pour monter dans les vallées. Il s’agit de l’une des plus belles lignes de montagne de la région. En plus de son caractère touristique, elle permet de relier plusieurs bassins économiques importants: le Piémont, la Ligurie et Paca, avec son prolongement vers Nice et Monaco. Mais il n’a jamais été question de la fermer. En 2013, nous avons constaté une vraie dégradation des installations; il a fallu réduire la vitesse pour moins user les voies. Sauf que du point de vue de la population, ces mesures ont été accompagnées d’une baisse drastique de la desserte – avec un passage de 20 à 6 trains par jour. Cela dit, l’époque la plus sombre est dernière nous.

Sont-ils nombreux à vous avoir contacté?

Oui! Il y a eu des usagers qui voulaient savoir si la gare de Breil resterait ouverte, la mairie pour des soucis relatifs à la base travaux, un riverain du pont-rail de la Lavina qui voulait savoir s’il y aurait un impact pour lui… D’autres nous ont contactés pour les demandes de logement pour les sous-traitants, aussi.

À court terme, quel est le planning?

La première semaine sera consacrée à un état des lieux, les entreprises vont découvrir le site. Pour que le gros des travaux puisse démarrer le 11 septembre.

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